Un stand belge qui a pris le large à Milan

Le Salone del Mobile est le rendez-vous où le monde du design retient son souffle. En avril 2026, Aurélie Penneman fut l’esprit créatif à l’origine de l’Orac Cruise, le stand officiel de la marque belge d’architecture décorative Orac, au Pavillon 18, Stand E.08.

Le cahier des charges était précis : s’appuyer sur le langage d’un showroom Orac conçu précédemment. Prolonger la ligne. Ne pas la répéter. Ce qui suivit dépassa en richesse tout ce qu’un cahier des charges pouvait anticiper.

Le point de référence : un showroom en Belgique

La conversation entre Aurélie Penneman et Orac a commencé plus tôt, avec l’aménagement intérieur du showroom Orac à Ostende. Un espace conçu dans l’esprit de l’American Bar de Vienne signée Adolf Loos. Géométrique. Immaculé. Chaque détail voulu.

Le vocabulaire du design puisait dans une lignée culturelle précise. Non pas l’Art déco comme style générique, mais l’Art déco belge comme tradition rigoureuse. Le Musée Van Buuren, le Palais Stoclet et l’œuvre de Josef Hoffmann formaient le triptyque inspirateur. Un univers défini par la rigueur géométrique, le raffinement des matériaux et une relation presque cérémonielle entre l’architecture et les arts décoratifs.

En filigrane, l’esprit d’Ostende. L’élégance des grands hôtels. Cette qualité particulière de la lumière sur la côte belge. Une identité balnéaire portée avec aisance, sans nostalgie.

Pour ce stand milanais, Aurélie Penneman a puisé une inspiration supplémentaire dans l’univers d’Agatha Christie, en particulier Meurtre sur le Nil, avec Hercule Poirot en protagoniste au charme discret. Le plus belge de tous les détectives. Un personnage défini par la précision, la culture et l’instinct de l’exceptionnel. C’était le bon ancrage littéraire : maritime, intelligent et résolument continental.

Le stand Orac Cruise à Milan : un intérieur Art déco en trois actes

L’Orac Cruise, nom donné au stand milanais, a été imaginé comme un récit spatial. Non pas un showroom que l’on parcourt du regard, mais un voyage que l’on suit. Un parcours créatif qui se déploie à travers trois atmosphères distinctes, chacune préparant la scène pour la suivante.

  • Le Pont : la façade s’ouvrait sur un extérieur baigné de soleil. Des chaises longues. La lumière de l’horizon. L’atmosphère de l’embarquement. Une entrée de salon qui, l’espace d’un instant, donnait le sentiment de quitter le port.

  • Le Seuil : un couloir de transition à l’atmosphère resserrée d’un navire sous le pont. Des portes massives. Une tension voulue. Le genre de pause qui donne à ce qui suit toute sa valeur.

  • Le Salon : la pièce la plus intime, un intérieur Art déco pleinement abouti, théâtral et précis. Des murs richement articulés. Des géométries affirmées. Le sentiment d’être arrivé quelque part qui récompense l’attention.

Trois espaces. Une atmosphère ininterrompue.

Créative avec les matériaux : penser au-delà de leur usage conventionnel

L’un des aspects les plus réfléchis de l’Orac Cruise réside dans la manière dont Aurélie Penneman a abordé la gamme de produits Orac en tant qu’architecte d’intérieur.

Rien n’a été appliqué selon les usages prescrits. Les matériaux sont devenus un vocabulaire. Réinterprétés, repositionnés, poussés dans des contextes inattendus. Des plinthes de plafond employées pour rythmer les murs. Des panneaux muraux détournés pour construire et habiller le bar. Des cercles, des rectangles et des profilés en forme d’étoile assemblés en compositions décoratives superposées. Chaque élément a été choisi pour sa relation avec la lumière et l’ombre, avec la proportion et le rythme.

Le stand est ainsi devenu la démonstration la plus sincère de ce dont la collection Orac est capable. Un témoignage de ce que le design d’intérieur sur mesure peut accomplir lorsqu’un créateur s’affranchit des contraintes de la convention.

Ce que représente l’Orac Cruise

L’Orac Cruise n’était pas un stand de salon qui se trouvait être beau. C’était un concept complet d’architecture d’intérieur, doté d’un récit, d’une séquence et d’un point de vue.

Il a démontré que le design d’exposition peut porter le même poids intellectuel qu’une résidence privée. Que les matériaux possèdent une vie au-delà de leur application prévue. Qu’une architecte d’intérieur belge, travaillant avec des matériaux belges, sur l’une des scènes du design les plus observées au monde, peut créer quelque chose de discrètement extraordinaire.

Milan Design Week : au-delà du stand

Une semaine au Salone del Mobile ne se limite jamais à une seule adresse. Aurélie Penneman était présente à plusieurs des événements qui incarnent la Milan Design Week dans ce qu’elle a de plus exclusif.

  • Les EDIDA Awards : organisés au Teatro Armani, ce lieu emblématique qui accueille également la Milan Fashion Week. Ce cadre a réuni la communauté internationale du design pour distinguer les plus belles réalisations de l’année en design d’intérieur et de produit.

  • Les mémoires d’Amy Astley : une réflexion sur ses années à la tête de la rédaction d’AD USA, qui a réuni un cercle intime issu du monde de l’édition design. Un monde au sein duquel Aurélie Penneman a elle-même récemment trouvé sa place, en tant que première architecte d’intérieur belge à figurer dans AD USA.

  • Une soirée au Pelota : le lieu milanais historique au cœur de Brera, pour un événement Hermès qui a clôturé la semaine selon ses propres règles.

Le résultat